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DTN

21 avril 2012 - 11:08

Francois Blaquart,DTN: "Se recentrer sur le jeu et le club"

 

Blaquart : "Se recentrer sur le jeu et le club"

Faire du jeu une référence, de l'équipe et du joueur une priorité, et du club un support, constitue l'axe fort du projet défendu par le Directeur Technique National au bénéfice du football français, comme il l'a expliqué dans le Footmag du mois de décembre.

Après un intérim et plusieurs mois d'incertitude, vous sentez-vous pleinement DTN à présent ?
"C'est beaucoup plus facile quand on se sent soutenu, oui. La confiance du Comité Exécutif et de l'ensemble des acteurs du football est très claire. On va pouvoir travailler sereinement et développer ensemble les projets. J'ai l'impression de redémarrer, avec une nouvelle équipe et dans un autre contexte. Tout a été très compliqué pendant un an (ndlr : François Blaquart fut nommé DTN par intérim en octobre 2010) même si certaines choses ont déjà été lancées."

Dans quel état d'esprit vous êtes-vous engagé à ce poste ?
"Le challenge est très motivant. Il s'inscrit globalement dans la continuité de ce que nous avons accompli pendant trois années avec Gérard Houllier, tout en sachant qu'il est aussi lié à la philosophie de la Fédération. J'ai pu mettre à profit ma période d'intérim pour écrire un projet, reprenant en partie des réflexions que nous avions eues, des orientations que nous avions affinées, et des idées que j'avais soumises, pour le proposer au Conseil Fédéral en mars dernier. Il avait été accepté."
 
Votre confirmation le valide définitivement ?
"Beaucoup de choses, en préparation, demandent encore l'adhésion du Comité Exécutif et doivent nous conduire à ouvrir de nouveaux chantiers, d'initier et de développer des choses auxquelles je crois, d'ouvrir des portes -bonnes je l'espère- que nous n'avons jamais ouvertes. On s'est déjà attelé à la tâche depuis des mois pour certains dossiers comme la formation de cadres car il faut bien comprendre que l'action de la DTN n'est pas ponctuelle mais s'exerce sur le long terme."
 
Quatre mots dominent votre projet : le jeu, les joueurs, l'équipe et le club !
"Ils en forment la colonne vertébrale. Car ce projet concerne aussi bien le haut niveau que la base et tous les types de public, garçons et filles. Les gens viennent au foot pour jouer ou pour voir un jeu attractif du côté des spectateurs. Faire du jeu un élément de référence constitue une manière d'appréhender toute la pratique, de la licence à l'organisation du club, en passant par l'entraînement et les structures. Qui dit jeu, dit équipe et joueur-équipier, et qui dit équipe, dit club. Il me semble nécessaire de recentrer l'attention de tous les acteurs du football sur le jeu."
 
Ce n'est plus le cas ?
"Des systèmes de compétition extrêmement rigides et hiérarchisés, un individualisme forcené, des façons de penser trop orientées vers le joueur et non pas vers l'équipe, sont des choses qui nous ont peut-être, à un moment donné, éloigné du sens même du football. On a peut-être un peu oublié aussi que le club représente le support central de la pratique du football. Comment faire en sorte que l'on priorise le jeu dans les clubs, que l'on y fasse vraiment du football un sport éducatif, collectif, associatif, sont des questions essentielles auxquelles nous devons répondre."
 
Comment concrétiser cette intention philosophique ?
"
Par des actions fondamentales qui concernent tout le monde, dépassent largement le seul cadre de la DTN et dépendent d'un projet fédéral fort. Quel modèle de club souhaite-t-on pour l'avenir, comment répondre aux aspirations totalement différentes de nos pratiquants, comment mieux aborder les nouveaux publics, comment mieux former les éducateurs, les dirigeants, etc. ? Des programmes sont déjà en cours, l'intérêt est désormais de leur donner une vraie cohérence d'ensemble basée sur une philosophie globale et déclinable par tiroirs, élite, masse, garçons, filles… Avec le jeu pour point de départ."
 
C'est un retour aux sources du foot ?
"Essayons de revenir à des choses plus simples et plus réalistes, de répondre aux aspirations des gens. Et posons-nous trois questions simples : pourquoi vient-on au foot, pourquoi y reste-t-on et pourquoi le quitte-t-on ? Elles touchent aux valeurs de notre sport, à son organisation générale, celle de ses clubs, de ses compétitions, aux méthodes d'accompagnement des jeunes mais aussi des adultes. La société a changé, les publics sont différents, versatiles et appellent des pédagogies adaptées, des concepts d'entraînement, des climats d'apprentissage différents. On a commencé ce travail à la DTN avec nos 250 cadres techniques qui forment 20 000 éducateurs par an à la base."
 
À ce sujet vous dites : une équipe = un éducateur…
"Oui, c'est un objectif très ambitieux. Est-il décent aujourd'hui de mettre sur un terrain des gosses sans qu'ils soient accompagnés par une personne au minimum initiée ? Ce n'est pas normal. Nous souhaitons proposer des formules d'accès aux formations fédérales de base extrêmement souples, peu contraignantes, quasi gratuites, pour les ouvrir à un maximum de personnes. Quatre séances de quatre heures suffisent à pouvoir accompagner des U13 par exemple. Si tout le monde le veut bien, le projet global peut être opérationnel en septembre prochain."
 
Faut-il encore convaincre de son utilité ? Le football d'élite notamment ?
"Le football d'élite est très sensible au football amateur. Il n'y a pas de différence de langage, notre approche par le jeu est la même. Un garçon de 7 ans, une gamine de 13 ans ou un professionnel viennent tous les trois à l'entraînement pour le plaisir du jeu et pour trouver un sens à cet entraînement. Seuls les contenus changent, évidemment, selon le niveau d'exigence. D'où l'importance pour les clubs d'avoir un vrai projet, une harmonie et une unité de pensée, valable des U7 aux seniors. Un club, amateur ou pro, n'est pas un ensemble d'équipes. C'est d'abord un club, qui réunit et fait jouer les enfants de la cité au sens social du terme. Telle est sa vocation."
 
Beaucoup s'en sont éloignés ?
"La compétition, souvent dramatisée, l'a dénaturée. Faire de la compétition précoce et exacerbée avec des jeunes, sacrifier la vie d'une association uniquement pour entretenir une équipe senior au meilleur niveau possible, aller systématiquement chercher des joueurs à l'extérieur plutôt que de s'occuper des enfants du coin conduisent à détourner un club de sa vocation. D'où l'idée de licences « clubs ». Elles inciteraient les clubs à mettre en place un vrai projet qui permette aux licenciés de sentir bien là où ils sont et de jouer grâce à une offre de pratique adaptée et variée."
 
On a longtemps fait fausse route alors ?
"On a pris trop souvent le haut niveau comme référence où celui qui ne s'entraîne pas la semaine ne peut prétendre à jouer le dimanche, où l'on met la pression sur les entraîneurs. On a confondu match et compétition. Or, tout le monde n'entre pas dans les mêmes schémas linéaires. En déclinant ce raisonnement très bas dans la pyramide, jusqu'aux jeunes, on a fait les choses à l'envers. Qu'attendent les gamins d'un éducateur ? D'abord du plaisir, de la confiance, puis de la rigueur, de l'expertise. Et du respect. Pas d'avoir quelqu'un qui « stresse et agresse verbalement »en permanence."
 
Vous souhaitez élargir l'offre de pratique. Vous pensez au Futsal, au Football Féminin ?
"Le Futsal est un outil pédagogique intéressant qui mérite d'être cultivé, le Beach-Soccer présente des atouts aussi. On travaille dans cette direction, sur la variation des rythmes de pratique. Le football féminin, lui, doit nous interpeler. Il y a trop d'endroits où une fille, au sortir de la mixité, n'a rien pour jouer à moins de 30 ou 40 kms de chez elle. Résultat, seulement 50 000 licenciées, alors que le Mondial a montré que le football était un beau sport féminin ! Je juge cette situation inquiétante. Les succès de notre élite reposent sur un système artificiel où la majorité des joueuses est issue des Pôles Fédéraux et des sélections de jeunes, et valorisée par 2 ou 3 grands clubs. On est au cœur de la problématique de l'offre de pratique. Il devrait être naturel pour nos clubs d'accueillir des féminines, de créer des sections. Pour différentes raisons, ca ne l'est pas !"
 
On en revient au jeu et au club ? CQFD ?
"Oui, quel est le rôle essentiel du club amateur ? N'est-il pas d'accueillir tous les publics ? Mais attention, il ne s'agit pas d'obliger ou d'exiger le changement et l'ouverture. Les clubs ne pourront évoluer que si on les aide et si on leur donne les outils à cet effet. On doit tous se pencher sur cette question."
 
 
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PATRICK GONFALONE

Patrick Gonfalone, entraineur National et sélectionneur de l'EDF U19 est le dernier invité de marque de l'AEF 02. Il a participé le 3 Mai dernier à St Quentin,dans le cadre des 1/2 finales de la Gambardella,  à notre AG sous la forme d'un exposé de grande qualité sur l ' analyse de la coupe du monde au Brésil.

P.Gonfalone

 

TROPHEE GEORGES BOULOGNE

Trophée G.Boulogne

Chaque année,les amicales départementales peuvent honorer la mémoire de G.Boulogne(fondateur de l'Aef Nationale) en décernant un trophée à un éducateur particulièrement actif , dévoué et passionné en remerciement a leur engagement au service du football.

Serge Durand, Guy Brasseur, Claudy Drode, Alain Lebeau, Paul Pesin, Alain Chantreux, André Martinez,Jean-Marc Thévenin,Jean Ronsin. De grands serviteurs du foot axonais ont recu cette récompense

 

 

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